800km à la force des mollets

Pour arriver à San Felice, chacun de nous a utilisé un moyen différent : Eulalie avec Papy et Mamie, Aurélie seule au volant pendant 15h.

Camille, lui rêvait depuis longtemps de rejoindre le Molise à vélo… Avec du temps devant soi, c’était l’occasion parfaite de prendre la route depuis la Suisse.

Départ de la gare de Bollène

Interview :

Raconte-nous comment t’es venue cette idée de rejoindre San Felice del Molise à vélo

Quel était ton itinéraire ?

Je suis d’abord arrivé à Genève, d’où j’ai pédalé quelques heures pour rejoindre Saint Georges pour participer à un stage de 3 jours. A la fin du stage, je suis reparti à vélo en direction du col du Simplon.

Malheureusement, après cette photo, Colette a décidé de rester au bord du Léman. Je crois qu’elle ne se sentait pas d’attaque pour affronter les Alpes avec moi…

Entre le poids de mon vélo et les bagages, le tout pesait environ 40kg. C’est très lourd pour monter les cols dans les Alpes.

Les Dents du Midi


Je suis allé jusqu’à Brig mais ensuite j’ai pris un train qui transportait des véhicules. Il y avait un wagon spécialement pour les deux-roues. Arrivé au sommet, je me suis rendu à Domodosola où j’ai pris un autre train pour Milan et c’est à partir de là que j’ai débuté mon parcours en Italie.

Un peu plus loin, j’ai repris le train entre Bologne et Ancône car cette région est très dense. Il y a beaucoup d’industries et donc beaucoup de trafic sur les routes. En plus, j’avais vraiment hâte d’arriver et de retrouver ma fille alors j’ai préféré couper les portions qui me plaisaient le moins.
En Italie, les vélos ne sont pas forcément prévus dans les trains mais dans les régionaux, on paie simplement un billet pour le vélo.

A partir de Ancône, j’ai longé l’Adriatique et le paysage était magnifique. C’était aussi l’occasion de planter ma tente sur des plages accessibles uniquement à vélo : j’étais seul.

Ce qui était bien, le long de l’Adriatique, c’est qu’il y a des voies cyclables le long de la mer.
Il y a de beaux bas-côtés et je m’y sentais plus en sécurité.
Cette route est sympa et avec le vent dans le dos, ce n’était que du bonheur !
Elle n’est pas toujours bien tracée mais on la retrouve facilement car autoroute, route nationale, chemin de fer… tout passe entre le littoral et les montagnes.
Dès qu’on s’éloigne de la mer, en revanche, le dénivelé est vite très fort et le soleil tapait fort en ce mois de mai.

Quel était ton équipement ?

Mon vélo était équipé de 2 sacoches étanches contenant mes affaires et du matériel de camping.

Quelles difficultés as-tu rencontrées en route ?

Les pistes cyclables ne sont pas uniformément développées en Italie. Parfois, la piste que l’on suit s’arrête. La route est coupée et je me suis retrouvé obligé de faire demi tour et revenir plusieurs kilomètres en arrière.
C’était assez agaçant.
J’ai fini par suivre les routes. Certaines étaient tranquilles, d’autres comme la SS9 Milan – Rimini, c’était l’horreur du trafic, je me suis alors mis en mode guerrier. J’avançait tête baissée pour avaler ces kilomètres.
J’ai ensuite suivi des voies cyclables qui longent les fleuves comme le Pô. Là, le chemin était agréable même si ça faisait un détour.

Les applications d’itinéraires à vélo m’ont baladé.
L’appli Géovélo est gratuite mais je me suis perdu plusieurs fois avec. 
Komoot fonctionne bien : elle ne m’a perdu qu’une seule fois mais la route était coupée par des travaux sans aucune signalétique.
Du coup, j’ai parcouru 5-6km, puis la route était coupée et j’ai dû rebrousser chemin, revenir en arrière et trouver un autre itinéraire.
Au début ça m’agaçais, puis j’ai compris que c’était comme ça et je me suis résigné.

Il faut faire attention parce qu’il y a souvent des chiens qui peuvent me courser.

Aurais-tu quelques recommandations pour d’autres cyclistes ?

Pour moi, il est indispensable de prendre une carte. J’ai utilisé mon téléphone mais c’était compliqué car je consommais beaucoup de batterie et je devais toujours trouver le moyen de recharger.

Utiliser un vélo tous chemins. J’ai déjà fait du vélo de route en Italie mais j’ai crevé plusieurs fois et l’état des routes n’est pas vraiment adapté.
Cette fois-ci, aucune crevaison !

Et tes plus beaux souvenirs ?

J’adore les rencontres qu’on peut faire en voyageant lentement !

J’ai rencontré plusieurs cyclistes : l’un allait jusqu’en Sicile en vélo, puis retournait chez lui vers Trieste avant de repartir jusqu’au Cap Nord à pied !

Un autre, allemand, longeait l’Adriatique de Trieste à Santa Maria de Leuca.

Et enfin ce français qui arrivait d’Istanbul à vélo m’a donné envie de faire d’autres voyages comme celui-ci.

Raconte-moi ton arrivée ?

Je n’avais pas vu ma fille depuis 2 mois alors j’étais très impatient d’arriver !

Pour la dernière étape, j’ai quitté Giulianova le matin et j’ai décidé de parcourir en une seule fois les 170km restants.

Comme la plupart des villages de la région, San Felice del Molise est perché en haut d’une colline. J’ai attaqué ma dernière montée de 10km avec 50 virages et en approchant de l’arrivée, j’ai été encouragé par les cris et les sifflements de ma famille qui m’attendait en haut.

Ma famille m’attendait au sommet de la colline, cela m’a donné du courage pour aborder les derniers virages.

Dans les collines du Molise, on ne voit pas grand monde faire du vélo. J’étais vite repéré.

A mon arrivée, j’ai été accueilli par toute la famille et nous sommes allés nous rafraîchir au bar du village. Les clients qui étaient là s’étonnaient de cette idée de venir de si loin à vélo !


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