
Depuis 2019, nous habitions dans le village d’Ungersheim en Alsace, à l’Ecohameau Le Champré. Il s’agit d’un collectif d’habitants, initié par le maire du village, Mr Jean-Claude Mensch, dans le cadre d’un programme de transition écologique ambitieux comprenant 21 actions pour le 21ème siècle. Dans le domaine de l’habitat, il s’agissait de créer un groupe de logements écologiques et bioclimatiques à énergie passive. Nos maisons construites en bois des Vosges, isolées en paille, autour d’un foisonnant jardin partagé et d’une salle commune, ont rapidement permis à leurs occupants de tisser des liens de proximité, d’amitié et de solidarité.
La même année, nous avons concrétisé notre projet d’entreprendre ensemble. Après un parcours de formation et de prospection immobilière, nous avons ouvert à Colmar notre magasin Biocoop Les Erlen, au sein de la Coopérative Biocoop. Cette fantastique aventure entrepreneuriale nous a permis de découvrir un nouvel univers professionnel. Comme nous nous plaisons à le raconter : « nous n’étions pas commerçants à la base ». Il nous a donc fallu acquérir pas mal de connaissances, mais cela nous a également permis de créer une entreprise à notre image, dans laquelle les liens humains avec notre formidable équipe et la relation avec nos partenaires producteurs locaux ont toujours servi de boussole à nos décisions.
A la faveur de nouvelles rencontres, comme nos participations au Festival des Oasis ou à la rencontre annuelle des écovillages d’Europe du Global Ecovillages Network en Allemagne, Suède et Hongrie, d’immersions dans d’autres collectifs lors de formations ou chantiers participatifs (coucou l’Ecovillage de Pourgues et l’Aérium), nous nous sommes engagés à faire évoluer le « vivre ensemble » et développer le fonctionnement de notre collectif : après la construction des habitats, l’enjeu s’est porté sur l’expérimentation du facteur humain.
Nous nous sommes peu à peu aperçus que, même si nous aimions profondément les liens que nous avions avec nos chers voisins à l’écohameau ou avec les membres de notre équipe au magasin, il manquait un petit ingrédient pour lier le tout.
En tant que membres de l’écohameau, nous devions avoir une activité professionnelle nous permettant d’avoir les revenus nécessaires pour couvrir les coûts de notre habitation. Nous passions donc nos journées dans notre entreprise pour pouvoir assumer financièrement notre belle maison écologique en bois où nous rangions nos affaires et dormions. Pour les autres membres de l’écohameau n’ayant pas la chance de participer aux recrutements de leurs équipes, ces mêmes journées se passaient aussi avec des personnes qu’ils n’avaient pas choisi de côtoyer.
En tant qu’entrepreneurs, nous avions à cœur de nous impliquer pleinement dans notre activité, mais comprenions bien qu’un tel investissement n’était pas toujours ce que cherchaient nos collaborateurs.
Enfin, nous avions choisi le plus beau mode d’instruction – selon nous – qui nous permet de profiter chaque jour de notre vie de famille, mais Eulalie était la seule enfant de notre collectif. Malgré un emploi du temps riche d’au moins 7 activités par semaine, il manquait donc pour elle une catégorie de membres : les enfants.
Notre constat nous est apparu progressivement. Mais sa logique est implacable.
Cet ingrédient mystère, nous l’appelons ECOSYSTEME.
Ce projet de voyage à la rencontre des collectifs d’habitants autour du monde a germé dans nos esprits et sa concrétisation nous aura pris 3 ans.
Nous voilà donc en mai 2025, au début de cette aventure qui devrait nous permettre plusieurs immersions dans divers éco-lieux afin d’en découvrir les ficelles. Ce qui fonctionne, ce qui ne fonctionne pas… ce que nous aimerions garder ou non… et nous espérons qu’à l’issue de ce périple, nous aurons une connaissance de terrain, pragmatique qui nous permettra de développer notre future activité : œuvrer à la résilience des écosystèmes territoriaux.